Retrait du Grand Tétras et du Lagopède alpin : une décision dogmatique et contre-productive
La Fédération Départementale des Chasseurs des Pyrénées-Atlantiques (FDC64) réagit à la décision de retirer définitivement le Grand Tétras et le Lagopède alpin de la liste des espèces chassables, une décision jugée unilatérale et prise sans concertation avec les acteurs de terrain.
Des espèces déjà protégées depuis plusieurs années
Contrairement à certaines interprétations, ces deux espèces n’étaient déjà plus chassées :
- Le Grand Tétras fait l’objet d’un moratoire de 5 ans depuis une décision du Conseil d’État du 1er juin 2022
- Le Lagopède alpin est concerné par un moratoire de 5 ans décidé le 2 mars 2026
Ces mesures avaient pour objectif de suspendre la chasse afin de mieux suivre l’évolution des populations et d’adapter les décisions en fonction des données scientifiques.
Une décision qui interroge la gestion adaptative
Pour la FDC64, ce retrait définitif remet en cause le principe de gestion adaptative, fondé sur une approche évolutive : observer, comprendre et ajuster les décisions selon l’état des populations.
En supprimant toute possibilité de réévaluation, cette décision rompt avec une logique de gestion fondée sur la connaissance scientifique et le suivi de terrain.
L’engagement des chasseurs pour la biodiversité
Dans les Pyrénées-Atlantiques, les chasseurs sont pleinement impliqués dans la gestion des milieux naturels et la préservation de la faune sauvage. Leurs actions reposent notamment sur :
- le suivi régulier des populations
- l’entretien et la restauration des habitats
- des actions concrètes en faveur de la biodiversité
Dans plusieurs territoires, ces interventions ont permis d’améliorer les conditions de vie des espèces et de ralentir leur déclin.
Quel avenir pour le Grand Tétras et le Lagopède alpin ?
Désormais strictement protégés, ces oiseaux de montagne voient leur avenir reposer exclusivement sur l’action de l’État.
La question se pose de la capacité à maintenir dans la durée des actions souvent lourdes et coûteuses en faveur de leurs habitats. Jusqu’à présent, les chasseurs ont joué un rôle actif dans ces aménagements et dans le suivi des espèces.
Leur mise à l’écart pourrait entraîner une perte de connaissance de terrain, un désengagement local et un affaiblissement des actions menées en faveur de ces milieux naturels.
Une mobilisation incertaine dans un nouveau contexte
Dans ce contexte, la FDC64 s’interroge sur sa capacité à maintenir son niveau d’engagement en faveur des habitats et du suivi des espèces, alors même que les acteurs de terrain sont exclus des processus de décision.
La préservation du Grand Tétras et du Lagopède alpin, espèces emblématiques des massifs pyrénéens, repose pourtant sur une mobilisation collective et concertée de l’ensemble des acteurs.
