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FDC64
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Fév

[Vidéo] Pantes et pantières : un patrimoine vivant du sud-ouest à préserver

Chaque automne, entre le 1er octobre et le 20 novembre, le Sud-Ouest de la France vit au rythme d’un événement aussi attendu qu’émouvant : la migration des palombes. À cette occasion, deux pratiques ancestrales et emblématiques se déploient sur nos territoires : les pantières dans les Pyrénées-Atlantiques et les pantes autour des palombières dans les forêts de Gascogne.

 

Les pantières dans les cols des Pyrénées-Atlantiques

Dans quelques cols stratégiques des Pyrénées-Atlantiques, des filets verticaux appelés pantières sont installés entre de grands arbres.

Les chasseurs, postés sur les hauteurs du Pays basque et du Béarn, guident les palombes en imitant les attaques de rapaces. Cette technique demande une parfaite connaissance du comportement migratoire des oiseaux, une grande coordination et une maîtrise précise du geste.

Chaque coup de filet est déclenché volontairement. Rien n’est laissé au hasard.

Les pantes et les palombières dans les forêts landaises

Dans les forêts de Gascogne — du Gers à la Gironde, des Landes au Lot-et-Garonne — les palombières accueillent les chasseurs autour de filets horizontaux appelés pantes.

Les oiseaux sont attirés pour se poser dans les arbres, puis au sol, près des filets. Là encore, la réussite repose sur l’observation, la patience et la compréhension fine des comportements.

Autour des cabanes, ce sont des générations entières qui se retrouvent. On y transmet un vocabulaire, des gestes, des récits, et une manière d’habiter le territoire.

Un patrimoine culturel et social unique

Ces chasses sont bien plus qu’un simple loisir.

Elles constituent de véritables institutions régionales. Villages, commerces, familles vivent au rythme des passages saisonniers de “l’oiseau bleu”. La sociologie locale se transforme pendant quelques semaines : le temps semble suspendu au gré de la migration transpyrénéenne.

Les premières traces écrites de ces pratiques remontent déjà aux années 1400, à une époque où les armes à feu n’existaient pas encore. Nous sommes face à un héritage pluriséculaire.

Interdire les pantes et les pantières reviendrait à priver le Sud-Ouest d’un des joyaux de son patrimoine rural.

Une chasse sélective et encadrée

Les chasses aux filets sont 100 % sélectives.

La taille des mailles et des filets est conçue spécifiquement pour capturer le Pigeon ramier et le Pigeon colombin.

Chaque activation du filet relève d’une décision volontaire du chasseur.

Selon l’Office français de la biodiversité, aucune capture accidentelle d’autres espèces n’a été relevée au cours des vingt dernières saisons.

Par ailleurs, les experts — dont l’Union internationale pour la conservation de la nature — constatent que les populations de palombes sont abondantes et en croissance. En Europe, on estime leur nombre à plus de 50 millions d’individus.

Les prélèvements réalisés dans le cadre des pantes et pantières représentent moins de 1 % de la mortalité naturelle de ces oiseaux.

Un équilibre entre tradition et biodiversité

Contrairement aux idées reçues, les pratiquants de ces chasses sont aussi des défenseurs actifs des milieux naturels.

Là où les chasses aux filets disparaissent, les habitats traditionnels évoluent vers d’autres usages, souvent moins favorables à la biodiversité.

Ces pratiques incarnent un équilibre subtil entre transmission d’un savoir ancien et respect de la ressource. Elles sont vectrices de connaissances écologiques, de lexiques spécifiques, de techniques fines et d’un rapport étroit au territoire.

Un débat juridique en cours

Si, depuis 1979, la Cour de justice de l’Union européenne a considéré ces pratiques conformes à la Directive Oiseaux, elles font aujourd’hui l’objet d’interprétations plus restrictives par le Conseil d’État.

Pourtant, leur impact sur l’état de conservation des espèces concernées demeure inexistant.

Préserver un héritage vivant

Les pantes et les pantières ne sont pas seulement des techniques de chasse.

Elles sont l’expression d’une culture, d’une mémoire collective et d’un mode de vie rural profondément ancré dans le Sud-Ouest.

Préserver ces pratiques, c’est préserver un patrimoine vivant, une identité régionale forte et un lien ancestral entre l’homme, l’oiseau et le territoire.

La Fédération Départementale des Chasseurs des Landes continuera à défendre ces traditions responsables, durables et respectueuses de la biodiversité.

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